Détails :

Année : 2009 -  Durée : 15'

Texte : (titre emprunté à Voltaire)
sur cinq poèmes en langues originales de :
Joachim Du Bellay, Sandro Penna, Lewis Carroll, Hans Ulrich Treichel et Federico Garcia Lorca


Effectif : Pour voix et piano.
Existe en deux versions : voix de mezzo-soprano ou baryton


Details : Création le 19 Septembre 2010, Gran Teatro La Fenice, Venise
(Italie), par Sonia Turchetta et Aldo Orvieto.
Création mondiale de la version pour baryton le 6 Mars 2014 au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP) par Anne Le Bozec (piano) et Philippe Huttenlocher (voix)


Edition : Babelscores

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Ecouter :

De l'ironie contre l'absurdité du monde

Notice :

1- Joachim du Bellay: Les Regrets, sonnet XII (1555-57) (ca.3'32")

2- Sandro Penna: Interno (poesie 1927-38) (ca.2'04")
2000, Garzanti Libri s.p.a. Milano

3- Lewis Carroll: Sylvie and Bruno (1889) (ca.3'19")
poème en exergue

4- Hans Ulrich Treichel: Abend in Marino (1994) (ca.2'50")
Suhrkamp Verlag, Frankfurt

5- Federico Garcia Lorca: Ribereñas (con acompañamiento de campanas) (1921-24) (ca.3'09")
Extrait de Canciones, Juegos
Ed. Alianza

Durée du cycle complet: ca. 18 minutes en comptant les pauses entre les pièces qui peuvent également être jouées séparément (3'32", 2'04", 3'19", 2'50", 3'09")

Ces poèmes, que j'ai mis en musique pour Sonia Turchetta, posent les questions sans réponse qui accompagnent notre vie tout en exprimant l'absurdité apparente de notre existence dans ce monde étrange où nous avons échoué comme par mégarde...
Mieux vaut chanter comme Du Bellay plutôt que se laisser dévorer par "l'importun souci qui sans fin nous tourmente".
Mieux vaut s'extasier devant la simple beauté d'une scène quotidienne magnifiée par l'écriture sobre et belle de Sandro Penna.
Cette vie n'est-elle qu'un rêve – demande sans cesse à travers ses livres Lewis Carroll -?
Nous pensons naïvement que nos pauvres divertissements auront le pouvoir de nous distraire de la finitude inéluctable...
L'ombre gagne. C'est déjà le soir dans le jardin de Hans Werner Henze à Marino, où j'ai rencontré il y a longtemps – et si peu de temps – Hans Ulrich Treichel.
Reste le papier à musique!
Alors, finissons sur une chanson bien rythmée de Federico Garcia Lorca, avec accompagnement de cloches!

Michèle Reverdy, 2010

Joachim du Bellay
Les Regrets (XII)


Vu le soin ménager dont travaillé je suis,
Vu l'importun souci qui sans fin me tourmente,
Et vu tant de regrets desquels je me lamente,
Tu t'ébahis souvent comment chanter je puis.

Je ne chante (Magny) je pleure mes ennuis,
Ou, pour le dire mieux, en pleurant je les chante,
Si bien qu'en les chantant, souvent je les enchante:
Voilà pourquoi (Magny) je chante jours et nuits.

Ainsi chante l'ouvrier en faisant son ouvrage,
Ainsi le laboureur faisant son labourage,
Ainsi le pèlerin regrettant sa maison,

Ainsi l'aventurier en songeant à sa dame,
Ainsi le marinier en tirant à la rame,
Ainsi le prisonnier maudissant sa prison.

Sandro Penna
Interno


Dal portiere non c'era nessuno.
C'era la luce sui poveri letti
disfatti. E sopra un tavolaccio
dormiva un ragazzaccio
bellissimo.

Usci dalle sue braccia
annuvolate, esitando, un gattino.

Lewis Carroll
Sylvie and Bruno


Is all our Life, then, but a dream
Seen faintly in the golden gleam
Athwart Time's dark resistless stream?

Bowed to the earth with bitter woe,
Or laughing at some raree-show,
We flutter idly to and fro.

Man's little Day in haste we spend,
And, from its merry noontide, send
No glance to meet the silent end

Hans Ulrich Treichel
Abend in Marino


Die Hunde laufen
noch einmal ums Haus
bevor die Tore sich schliessen
der Garten ein Fluss Wird
aus sternloser Tiefe
bevor die Zypressen
zu Schatten erblühen

Sieh dich nicht um
singt das Notenpapier

Federico García Lorca
Ribereñas

(con acompañamiento de campanas)

Dicen que tienes cara
(balalín) de luna llena.
(balalán.)
Cuántas campanas oyes?
(balalín.)
No me dejan.
(¡balalán!)
Pero tus ojos..., ¡Ah!
(balalín)
...perdona, tus ojeras...
(balalán)
y esa rosa de oro
(balalín)
y esa...no puedo, esa...
(balalán.)

Su duro miriñaque
las campanas golpean.

¡Oh tu encanto secreto!..., tu...
(balalín
lín
lín
lín...)

Dispensa.